Le psoriasis touche plus d’un million de Français. Cette maladie inflammatoire chronique de la peau peut devenir particulièrement handicapante au quotidien. La phytothérapie offre des solutions naturelles efficaces pour soulager les symptômes tout en traitant les causes profondes de cette affection.
Comprendre le psoriasis et l’intérêt de la phytothérapie
Qu’est-ce que le psoriasis et ses différentes formes ?
Savez-vous que le psoriasis accélère anormalement le renouvellement cellulaire de l’épiderme ? Là où les cellules cutanées mettent habituellement 28 jours à se renouveler, ce processus ne prend que 3 à 7 jours chez les personnes atteintes.
Cette prolifération excessive entraîne la formation de plaques épaisses, rouges et recouvertes de squames blanchâtres. Ces lésions s’accompagnent généralement de démangeaisons et peuvent être douloureuses au toucher.
Le psoriasis en plaques représente la forme la plus courante, touchant environ 80 % des cas. Les lésions apparaissent principalement sur :
- Les coudes et les genoux
- Le bas du dos
- Le cuir chevelu
- Ces plaques bien délimitées
En pratique, d’autres formes existent également. Le psoriasis en gouttes, caractérisé par de petites lésions disséminées, touche particulièrement les enfants et adolescents. Le psoriasis pustuleux présente des pustules stériles, tandis que le psoriasis érythrodermique peut s’étendre sur l’ensemble du corps.
Pourquoi choisir les plantes médicinales contre le psoriasis ?
La phytothérapie offre une approche globale particulièrement adaptée au psoriasis. Contrairement aux traitements symptomatiques classiques, les plantes agissent sur multiple niveaux.
Cela vous permet de bénéficier d’un drainage des toxines, d’une régulation du système immunitaire, d’un apaisement de l’inflammation et d’une régénération cutanée. Cette approche naturelle peut être utilisée en cure prolongée sans risque d’accoutumance.
Les plantes médicinales soutiennent les fonctions d’élimination de l’organisme, notamment au niveau hépatique et intestinal. Ces organes jouent un rôle clé dans la genèse du psoriasis.
Concrètement, l’utilisation des plantes permet de personnaliser le traitement selon votre terrain individuel. Certaines personnes bénéficieront davantage d’un drainage hépatique, d’autres d’un soutien nerveux ou d’une action anti-inflammatoire ciblée.
Mécanismes d’action des plantes sur les symptômes psoriasiques
Les plantes médicinales agissent selon plusieurs mécanismes complémentaires pour traiter le psoriasis. Le premier niveau d’action concerne la détoxification de l’organisme.
Des plantes comme la bardane, le chardon-marie ou la fumeterre stimulent les fonctions hépatiques. Cela vous permet de favoriser l’élimination des déchets métaboliques qui peuvent s’exprimer au niveau cutané.
L’action anti-inflammatoire représente le second pilier du traitement végétal. Des composés actifs comme la curcumine, les mucilages d’aloe vera ou les principes amers modulent la réponse inflammatoire excessive.
Par exemple, cette action permet de réduire les rougeurs, les gonflements et les sensations de brûlure caractéristiques du psoriasis.
Le troisième mécanisme implique la régulation du système immunitaire. Certaines plantes possèdent des propriétés immunomodulatrices qui aident à rééquilibrer la réponse auto-immune déréglée. Cette action plus profonde contribue à espacer les poussées et à diminuer leur intensité.
Plantes et substances naturelles efficaces contre le psoriasis
Plantes de référence : bardane, aloe vera, chardon-marie
La bardane (Arctium lappa) constitue la plante de référence pour tous les problèmes cutanés. Surnommée « philanthropos » par les Grecs anciens, elle contient des principes actifs remarquables.
En pratique, elle apporte des huiles essentielles anti-inflammatoires, des tanins astringents, des mucilages antioxydants et des substances aux propriétés antibiotiques naturelles.
Je recommande particulièrement la racine de bardane en décoction : 60 grammes de racines fraîches dans un litre d’eau. Faites bouillir 10 minutes puis infuser hors du feu 10 minutes supplémentaires.
Cette préparation se consomme à raison de 3 tasses par jour en cure de 2 à 3 semaines. Cela vous permet également de l’appliquer localement sur les lésions 2 à 3 fois par jour.
L’aloe vera (Aloe barbadensis) apporte ses propriétés hydratantes et régénératrices exceptionnelles. Le gel contenu dans ses feuilles renferme des anthraquinones anti-inflammatoires, des polysaccharides hydratants et de l’acide salicylique naturel.
Concrètement, des études cliniques ont démontré qu’une crème à 0,5 % d’aloe vera appliquée 3 fois par jour pendant 4 semaines améliore significativement l’aspect des plaques psoriasiques chez 45 % des patients.

Le chardon-marie (Silybum marianum) agit spécifiquement sur la régénération hépatique. Ses graines riches en silymarine protègent et détoxifient le foie, organe clé dans l’élimination des surcharges métaboliques.
Une décoction de graines (30 minutes dans l’eau bouillante) prise 30 minutes avant chaque repas pendant 3 semaines constitue un excellent drainage de fond.
Plantes anti-inflammatoires : camomille, neem, curcuma
La camomille matricaire (Matricaria chamomilla) excelle par ses propriétés anti-inflammatoires et cicatrisantes. Riche en chamazulène et en alpha-bisabolol, elle apaise efficacement les irritations cutanées.
Cela vous permet de favoriser la régénération de l’épiderme de façon naturelle. Vous pouvez l’utiliser en tisane (1 cuillère à soupe de fleurs séchées pour 250 ml d’eau) ou en application locale avec des compresses.
Le neem (Azadirachta indica) possède des vertus antiseptiques, anti-inflammatoires et régénératrices remarquables. Cette plante ayurvédique aide à réduire les rougeurs, les démangeaisons et la desquamation caractéristiques du psoriasis.
L’huile de neem s’applique directement sur les lésions, tandis que les gélules permettent une action systémique.
Le curcuma (Curcuma longa) contient la curcumine, un puissant anti-inflammatoire naturel. Cette épice peut s’utiliser de deux façons : en consommation quotidienne ou en application externe.
Par exemple, mélangez 1 cuillère à café de poudre de curcuma avec un peu d’eau pour former une pâte. Appliquez sur les plaques 10 à 15 minutes puis rincez.
Huiles essentielles thérapeutiques : lavande, tea tree, niaouli
L’huile essentielle de lavande fine (Lavandula angustifolia) apporte ses propriétés antalgiques et régénératrices. Grâce à sa teneur en acétate de linalyle et en linalol, elle calme les douleurs et favorise la cicatrisation.
Je recommande de la diluer à 20 % dans une huile végétale de calendula pour une application bi-quotidienne sur les lésions.
L’huile essentielle de tea tree (Melaleuca alternifolia) se distingue par ses qualités immunomodulatrices exceptionnelles. Riche en terpinène-4-ol, elle régule l’activité excessive des lymphocytes impliqués dans la réaction auto-immune du psoriasis.
Son utilisation doit être prudente : 1 goutte dans 4 gouttes d’huile végétale, 2 fois par jour maximum.
L’huile essentielle de niaouli (Melaleuca viridiflora) possède de puissantes propriétés antivirales et anti-infectieuses. Particulièrement efficace sur les lésions du cuir chevelu, elle peut s’utiliser pure sur de petites surfaces.
Attention : cette huile est contre-indiquée chez les femmes enceintes en raison de ses propriétés œstrogen-like.
Plantes complémentaires : pensée sauvage, fumeterre, bourrache
La pensée sauvage (Viola tricolor) constitue un excellent complément à la bardane. Cette plante dépurative contient des mucilages apaisants et des saponosides aux propriétés anti-inflammatoires.
Elle s’utilise en tisane (1 cuillère à soupe pour 250 ml d’eau) ou en association avec d’autres plantes dans des mélanges de phytothérapie.
La fumeterre (Fumaria officinalis) agit spécifiquement sur les troubles hépatiques et biliaires. Contenant de l’acide fumarique, principe actif reconnu contre le psoriasis, elle régule le flux biliaire.
Cela vous permet d’améliorer l’élimination des toxines. Cette plante se prend en cure courte (maximum 10 jours consécutifs) sous forme d’extrait liquide ou de gélules.
La bourrache (Borago officinalis) apporte ses acides gras essentiels, notamment l’acide gamma-linolénique. Ces oméga-6 particuliers participent à la reconstruction de la barrière cutanée et réduisent l’inflammation.
L’huile de bourrache s’applique directement sur les zones étendues pour hydrater et assouplir la peau.

Utilisation et protocoles de traitement naturel
Modes d’application : usage interne et externe
L’approche interne constitue la base du traitement phytothérapeutique du psoriasis. Les décoctions de plantes dépuratives comme la bardane se préparent en faisant bouillir 40 à 60 grammes de racines dans un litre d’eau pendant 10 minutes.
Cette préparation se consomme à raison de 3 tasses par jour, de préférence entre les repas. Cela vous permet d’optimiser l’absorption des principes actifs.
Les extraits liquides de plantes offrent une concentration supérieure en principes actifs. 1 cuillère à café d’extrait de bardane ou de fumeterre, matin et soir dans un peu d’eau, permet d’obtenir des effets plus rapides.
Les gélules représentent une alternative pratique, particulièrement pour les plantes au goût prononcé comme la fumeterre.
L’usage externe complète efficacement le traitement interne. Les décoctions concentrées s’appliquent en compresses sur les lésions 2 à 3 fois par jour.
Le gel d’aloe vera frais, extrait directement de la plante, peut être appliqué plusieurs fois par jour sans restriction. Les huiles essentielles nécessitent toujours une dilution dans une huile végétale support comme le calendula ou l’amande douce.
| Mode d’application | Posologie | Fréquence | Durée |
| Décoction de bardane | 3 tasses/jour | Quotidienne | 2-3 semaines |
| Gel d’aloe vera | Application libre | 3-4 fois/jour | Continue |
| Huiles essentielles diluées | 4-8 gouttes | 2 fois/jour | Selon amélioration |
| Cataplasme de curcuma | 10-15 minutes | 1 fois/jour | 5-7 jours |
Cure détoxifiante et routine quotidienne de soins
Une cure détoxifiante représente souvent le point de départ d’un traitement naturel efficace. Je recommande de débuter par un drainage hépatique avec le chardon-marie pendant 3 semaines.
Suivez ensuite un drainage cutané avec la bardane. Cette approche progressive permet d’éviter les réactions d’élimination trop brutales qui pourraient temporairement aggraver les symptômes.
La routine quotidienne s’organise autour de trois temps forts : le matin au réveil, le midi avant le repas et le soir avant le coucher.
En pratique :
- Le matin : prenez votre décoction de bardane ou votre extrait liquide
- Le midi : appliquez le gel d’aloe vera sur les lésions après la toilette
- Le soir : massez délicatement avec votre synergie d’huiles essentielles diluées
L’hydratation cutanée quotidienne constitue un élément crucial du protocole. Après chaque toilette, appliquez une huile végétale nourrissante comme l’huile de bourrache ou d’argan.
Cette étape prévient la sécheresse cutanée qui aggrave les démangeaisons et favorise la desquamation. Privilégiez des bains tièdes (30-34°C) plutôt que chauds pour éviter d’accentuer l’inflammation.
Association avec les traitements conventionnels
La phytothérapie se révèle parfaitement compatible avec les traitements médicaux classiques. Elle peut même permettre de réduire progressivement les doses de corticoïdes locaux grâce à son action anti-inflammatoire naturelle.
Cependant, toute modification de traitement médical doit impérativement faire l’objet d’un dialogue avec votre dermatologue.
Certaines interactions nécessitent une vigilance particulière. La bardane peut théoriquement potentialiser les effets des anticoagulants en raison de ses composés flavonoïdes.
Si vous êtes sous traitement fluidifiant, espacez les prises et surveillez d’éventuels signes de saignement inhabituel.
L’approche intégrative optimise les résultats thérapeutiques. Pendant les poussées aiguës, les traitements conventionnels permettent un soulagement rapide, tandis que les plantes travaillent sur le terrain de fond.
Cela vous permet d’espacer les récidives. Cette stratégie à double niveau représente souvent la clé d’une prise en charge réussie du psoriasis.
Conseils pratiques et précautions d’emploi
Hygiène de vie et alimentation anti-inflammatoire
L’alimentation joue un rôle fondamental dans l’évolution du psoriasis. Je vous recommande d’adopter un régime anti-inflammatoire privilégiant les acides gras oméga-3.
Concrètement, privilégiez les poissons gras, les huiles de colza, lin et cameline. Limitez les aliments pro-inflammatoires en réduisant progressivement votre consommation de viande rouge, de charcuteries, de sucres raffinés et d’alcool.
Les aliments riches en antioxydants soutiennent naturellement votre organisme dans sa lutte contre l’inflammation chronique. Privilégiez les fruits rouges, les légumes colorés, les épices comme le curcuma et le gingembre.
1 cuillère à café de curcuma quotidienne dans vos plats apporte une dose thérapeutique de curcumine.
L’hydratation interne conditionne l’hydratation cutanée. Buvez au minimum 1,5 litre d’eau pure par jour, en ajoutant éventuellement quelques gouttes de citron pour stimuler les fonctions hépatiques.
Les tisanes dépuratives (bardane, pensée sauvage, camomille) comptent dans cet apport hydrique tout en renforçant l’action thérapeutique.
- Privilégiez : poissons gras, huiles vierges première pression, légumes biologiques, fruits antioxydants
- Limitez : sucres raffinés, graisses saturées, alcool, produits industriels transformés
- Évitez : tabac, excès de soleil, stress chronique non géré
Huile de jojoba : ce que les dermatologues en pensent vraiment.
Gestion du stress et mode de vie adapté
Le stress représente un facteur déclencheur majeur des poussées de psoriasis. La corrélation entre événements stressants et rechutes est scientifiquement établie.
Il devient donc essentiel d’intégrer des techniques de gestion du stress dans votre protocole thérapeutique global.
Les techniques respiratoires simples peuvent être pratiquées quotidiennement. La cohérence cardiaque, 5 minutes trois fois par jour, régule efficacement le système nerveux autonome.
L’inhalation d’huile essentielle de camomille romaine (2-3 gouttes sur un mouchoir) apporte un apaisement immédiat lors des moments d’anxiété.

L’activité physique modérée et régulière favorise l’élimination des toxines par la sudation et stimule la circulation lymphatique. Privilégiez la marche, la natation ou le yoga, activités douces qui n’irritent pas la peau par frottement.
Évitez les sports intensifs qui peuvent aggraver l’inflammation par la production excessive de radicaux libres.
Le sommeil réparateur conditionne la régénération cutanée nocturne. Instaurez un rituel du coucher avec une tisane de camomille et quelques gouttes d’huile essentielle de lavande sur l’oreiller.
La régularité des horaires de sommeil optimise la production naturelle de mélatonine aux propriétés antioxydantes.
Contre-indications et interactions médicamenteuses
Certaines plantes nécessitent des précautions d’usage spécifiques. La fumeterre ne doit pas être utilisée plus de 10 jours consécutifs et est déconseillée aux personnes souffrant de troubles cardiaques ou de tension artérielle élevée.
La bardane peut potentialiser les effets des médicaments hypoglycémiants chez les diabétiques.
Les huiles essentielles demandent une vigilance particulière. L’huile essentielle de niaouli est formellement contre-indiquée chez les femmes enceintes, allaitantes et les personnes souffrant de cancers hormonodépendants.
Le tea tree peut provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes sensibles. Un test cutané préalable dans le pli du coude s’impose systématiquement.
La grossesse et l’allaitement limitent considérablement l’arsenal phytothérapique. Seuls l’aloe vera en usage externe et certaines tisanes douces comme la camomille restent autorisés.
Toute utilisation de plantes pendant cette période doit faire l’objet d’un avis médical spécialisé.
Les personnes âgées ou souffrant d’insuffisance rénale doivent adapter les posologies à la baisse et éviter les cures prolongées sans surveillance médicale.
En cas de traitement médicamenteux lourd, espacez les prises de plantes de 2 heures minimum pour éviter toute interaction au niveau de l’absorption intestinale.
L’approche phytothérapique du psoriasis offre des perspectives encourageantes pour tous ceux qui souhaitent compléter ou alternatives les traitements conventionnels. Cette méthode naturelle, respectueuse de l’équilibre physiologique, permet d’agir en profondeur sur les causes du psoriasis.



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